Poète, artiste, homme d'affaires, militant socialiste, éditeur, défenseur de la nature et du patrimoine, William Morris apporta un peu d'humanité dans une Angleterre victorienne à la dureté de pierre, il était proche des Préraphaélites...
Il est né en 1834, son père, un riche financier, possédait des parts dans une mine de cuivre du Devon. Morris étudie la théologie à Oxford avant de choisir l'architecture et la peinture.
Ami d'Edward Burne-Jones, ils font connaissance en 1857 du peintre Dante Gabriel Rossetti.
Ce résumé historique est de John Humphreys, guide à la Maison rouge (The Red House) où Morris vécut cinq ans.
En 1859, Morris a 25 ans et vient d'épouser Jane Burden, le modèle de Rossetti, avec qui il aura deux enfants. Le jeune couple confie les plans de la maison à un ami, Philip Webb, architecte débutant de 28 ans. La Red House se construit en pleine campagne, à l'Est de Londres, au milieu d'un grand jardin parsemé de pommiers.
Avec son toit de tuiles et ses arcades en ogive, la Red House mélange le style local et le gothique, selon les préceptes de l'écrivain John Ruskin, pour qui l'architecture doit exprimes "la vérité". Elle représente la première tentative d'échapper à un goût victorien éclectique et chargé.
Dans cette Angleterre conquérante qui est celle la Chine d'aujourd'hui, la course au profit et le machinisme n'ont produit que pacotille, camelote et dorures vulgaires. Tant de souffrance ouvrière, tant de sueur, tant de matière première et d'énergie gaspillée, tant de villes noircies par la fumée des usines pour en arriver là ! Alors Morris et ses amis fabriquent tout eux-mêmes. Burne-Jones dessine des vitraux, Webb des meubles que peignent Morris et Rossetti.
Fort de ses expérimentations à la Red House, le groupe un peu élargi, crée en 1861 l'entreprise de décoration Morris, Marshall, Faulkner & Co et rebaptisée Morris & Co en 1875, quand William Morris en devient le seul propriétaire. Elle tente de retrouver l'esprit des temps médiévaux où "le plus grand artiste restait un artisan ; l'artisan le plus humble était aussi un artiste" écrit Morris. C'est sa grande idée : rehausser les arts décoratifs au niveau des arts dits majeurs, la peinture et la sculpture. Ainsi, pense-t-il, les ouvriers, devenus artisans d'art, libérés de l'esclavage des machines, retrouveront le plaisir de travailler de leurs mains à l'embellissement du monde.
La firme prospère rapidement car Morris se révèle être un génie de la composition : tirés de la nature, ses motifs de papiers peints et de tissus d'ameublement imprimés à la main surpassent en grâce tout ce que crachent les usines du royaume. Mais s'il excelle à entrelacer tulipes et feuilles de saules, c'est Philip Webb qui dessine les oiseaux.
On peut admirer l'extraordinaire travail de Morris & Co dans deux salles du Victoria and Albert Museum à Londres : textile à motif de grive chapardeuse de fraises et tapisseries de Burne-Jones aux visages androgynes et rêveurs, chaise légère à l'assise de paille dessinée par Rossetti, carreaux de céramique, broderies...
La collection se complète des réalisations de l'Arts and Crafts (art et artisanat), mouvement d'artistes-artisans émules de Morris. Il précédera l'Art nouveau européen qui se développa autour de 1900, et le Bauhaus en Allemagne.
En 1881, Morris & Co s'installe aux moulins de Merton Abbey, au sud de Wimbledon. L'activité dure sur place jusqu'en 1940. Rachetée par la suite, Morris & Co a fêté récemment ses 150 ans.
W. Morris aura passé sa vie entouré de belles choses, son entreprise est prospère, ses employés plus heureux et mieux payés que les autres, mais la majeure partie de sa production atterrit dans les demeures des riches, contradiction que le design contemporain n'est toujours pas parvenu à résoudre. En 1878 il s'est acheté une haute maison de briques sombres, Kelmscott House, à l'ouest, au bord de la Tamise. L'effroyable misère qu'il côtoie le pousse toujours plus à gauche. En 1884 il participe à la création de la Socialist League, ancêtre du parti travailliste. Morris, devenu éditeur sur le tard, imprimait ses livres enluminés par Burne-Jones. Le décorateur engagé multiplie les écrits révolutionnaires, sillonne le pays pour propager son idéal de société sans classe et finit par y perdre la santé. Il meurt épuisé en 1896, à 62 ans.
Dans la cave de Kelmscott House, la William Morris Society entretient sa mémoire.
Visiter
The Red House. Train arrêt Bexleyheath. tel : 0044.20.83.04.98.78.
Victoria & Albert Museum. Métro South-Kensington. Riche collection Arts & Crafts. On peut en profiter pour déjeuner dans la salle aménagée par Morris, Webb et Burne-Jones au V&A café.
Merton Abbey Mills. A 5 mn. du métro South Wimbledon, marché d'artisanat le weekend.
Kelmscott House. Métro Ravenscourt Park, se renseigner sur les jours de visite, tel : 0044.20.87.41.37.35.
Lire :
- William Morris de Charlotte et Peter Fiell, Editions Taschen.
- More William Morris, Appliqué de Michele Hill, Editeur Inspirations Books " Spectacular Quilts and Accessories for the Home".
dimanche 3 janvier 2016
vendredi 25 décembre 2015
dimanche 6 décembre 2015
Les Cousettes exposaient à Beaulieu-lès-Loches
Comme le montre le diaporama, nous avons pu admirer les courtepointes et autres objets en lainages, provenant notamment d'Auvergne, prêtés généreusement par un collectionneur tourangeau.
mercredi 14 octobre 2015
vendredi 18 septembre 2015
C'était à St-Cyr-sur-Loire le week-end dernier
Un régal pour les yeux, de jolis ouvrages réalisés par des mains de fées...
broderies et dentelles d'hier et d'aujourd'hui,
prouvant que la tradition est sans cesse renouvelée en Touraine.
Exposition réalisée par le Conservatoire de la Broderie de Touraine
mardi 2 juin 2015
Un Eté à Richelieu (37)
Les artisans d'art vous donnent rendez-vous à Richelieu pour la première édition de RICHELIEU EN ART.
Mosaïstes, céramistes, peintres enlumineurs, tapissiers, verriers, stylistes, bijoutiers... Ils seront une vingtaine d'artisans d'art locaux qui viendront rencontrer le public et présenter leurs créations.
Rens. : www.ville-richelieu.fr
www.cc-richelieu.com
www.office.tourisme-richelieu.fr
Mosaïstes, céramistes, peintres enlumineurs, tapissiers, verriers, stylistes, bijoutiers... Ils seront une vingtaine d'artisans d'art locaux qui viendront rencontrer le public et présenter leurs créations.
Rens. : www.ville-richelieu.fr
www.cc-richelieu.com
www.office.tourisme-richelieu.fr
vendredi 15 mai 2015
L...comme Lucile
Une libellule dont les ailes sont soulevées, c.a.d. qu'elles sont brodées à part sur un morceau d'organdi, leur contour est brodé au point riche ou festonné au fil d'or.
Découper les ailes et les placer de part et d'autre du corps de l'insecte qui butine des ipomées bleues brodées en empiétant, les feuilles sont au point de feuille (le bien nommé).
La lettre de deux tons de bleu, est brodée au point de tige massé.
- Conseil pour broder le point de tige massé ou faux empiétant, exécuter des rangées de point de tige côte à côte toujours dans le même sens, ne pas faire d'aller et retour afin d'éviter l'aspect "chainette" .
Terminer par une touche de fil d'or.
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